18.8.19

Les films célestes sur YouTube


Celestial Pictures, le label de la Shaw Brothers, a ouvert une chaîne YouTube.
Une centaine de films sont disponibles gratuitement. 
Ils recouvrent un peu tous les genres, depuis les arts martiaux jusqu'aux films musicaux en passant par le thriller, la comédie ou le film d'horreur.



15.8.19

I, Grand Galactique : to.... va savoir...


Désireuse d'élargir mon horizon et mes perspectives à des paysages plus exotiques et moins prévisibles que ceux qui composent notre minuscule planète, en juin de cette année je suis devenue Grand Galactique, adoubée par d'illustres conquérants d'univers littéraires et scientifiques officiant auprès de l'Université d'Artois au sein d'un MOOC Science Fiction intitulé Explorer le futur au présent.
Ce MOOC aura une troisième et dernière édition en mai 2020. Si vous aimez la SF, ne la manquez sous aucun prétexte. C'est une belle expérience, à la fois ludique et très sérieuse. 
Et puis, on n'a jamais trop de diplômes et de titres, et j'avoue que celui de Grand Galactique est, de tous ceux que j'ai obtenus au cours de ma vie, mon préféré. Il en jette tellement sur un CV que je l'ai mis en tête. "Grand Galactique, rédactrice, exploratrice d'univers artistiques et littéraires". Si avec cela je ne trouve pas la mission de mes rêves, c'est à désespérer des Terriens et une raison de plus de m'en aller exotomaniser tous ces mondes lointains peuplés de mutants intergalactiques seuls capables d'apprécier mon génie à sa juste démesure.
Ah, et si je vous ai raconté tout cela, c'était afin de préciser que le précédent texte sur Jabberwocky de Masato Hisa a été rédigé dans le cade de cette formation.

11.8.19

"Jabberwocky" de Masato Hisa – un manga steampunk ?


Jabberwocky est un manga en sept volumes sorti au Japon en 2008 et publié en France entre 2014 et 2016 chez Glénat. Il raconte, sur fond d’ère victorienne, les aventures de Lily Apricot, une espionne britannique portée sur la bouteille, et de Sabata Van Cleef, son acolyte.
L’histoire est soutenue par un graphisme recherché : violents contrastes de noir et blanc, dessin stylisé, anguleux, parfois aux limites de l’abstraction. L’auteur revendique les influences de Gôseki Kojima, le dessinateur de Lone Wolf and Cub, et de Frank Miller également inspiré par Kojima. Au point de vue graphique, nous sommes donc, entre polar noir et codes manga, en présence d’une œuvre originale et typée.
Sabata, comme de nombreux autres personnages du manga, est un dinosaure, car l’intrigue repose sur l’idée qu’ils n’ont pas disparu, mais vivent cachés afin de ne pas subir le sort du Jabberwock de Lewis Carroll, d’où le titre. Leur présence inscrit l’œuvre dans la lignée populaire du récit de fiction préhistorique, et plus précisément dans celle de la trilogie West of Eden (1984-88) de Harry Harrison, qui est l’un des rare auteurs à avoir exploité l’idée de la survie de ces animaux et de leur évolution jusqu’à un stade d’intelligence supérieure, mais, si le dinosaure appartient bien au domaine de la SF, est-il soluble dans le steampunk ?
Pour répondre à cette question j’ai appuyé mon analyse sur la thèse de Mike Perschon The Steampunk Aesthetic : Technofantasies of the Neo-Victorian Retrofuture (2012). Ayant constaté que personne ne s’accorde sur sa définition et que toutes les propositions avancées laissent une partie des œuvres de côté, il suggère, même si le steampunk apparaît comme un sous-genre de la science-fiction, de le voir comme une esthétique appliquée à d’autres genres ou sous-genres. Par esthétique, il entend un ensemble de motifs et de thèmes récurrents. Il privilégie ainsi l’approche descriptive qui permet de prendre en compte une production hétérogène.
Après examen d’un corpus important d’œuvres littéraires, il parvient à la conclusion que toutes présentent trois caractéristiques fondamentales et qui sont celles à retenir pour classer une œuvre dans le sous-genre steampunk : le néo-victorianisme, la technofantasy et le rétrofuturisme. Il dégage également d’autres traits spécifiques, tels que le pastiche et les notions de bricolage, de détournement, c’est-à-dire l’appropriation et l’assemblage d’éléments de provenances diverses pour leur donner un sens différent, voire opposé, à celui qu’ils avaient à l’origine.
Le néo-victorianisme est, selon lui une appropriation esthétique et culturelle du XIXe siècle au sens large et qui ne reste pas confinée à l’Angleterre. Jabberwocky répond à tous les critères : le récit s’inscrit dans le contexte victorien et fonctionne sur la base de la récupération et du détournement d’événements historiques, de personnages réels ou fictifs, d’œuvres et même de mythes ou de découvertes scientifiques. À travers ce manga dont l’action se déroule à la fin du XIXe siècle, Masato Hisa revisite des événements historiques en les truffant de dinosaures, élaborant ainsi une histoire alternative. Il récupère et met en scène de nombreux personnages réels (le Tsar de Russie, Schliemann, Ryoma Sakamoto, l’impératrice Cixi, le président des États-Unis, Buffalo Bill, Mao…) ou fictifs (Basil Hallward, le peintre du Portrait de Dorian Gray, le Comte de Monte Cristo, la baleine Moby Dick). Les références et les allusions culturelles sont multiples et variées. Empruntées à des sources éclectiques, elles se glissent partout, dans le texte comme dans les dessins. Certaines sont érudites, sérieuses, d’autres humoristiques, comme cette observation, lorsqu’il est question d’envoyer une fusée sur une comète : "Nous ne sommes pas dans un roman de Jules Verne".
Concernant la technofantasy et le rétrofuturisme, concepts qui se recoupent en partie, la technologie d’avant-garde de l’époque est omniprésente dans le manga. On y voit circuler à peu près tous les moyens de transport que l’on imagine lorsque l’on pense steampunk : sous-marins, dirigeables, trains, véhicule amphibie. Les structures industrielles, laboratoires, réseaux de tuyaux, s’exposent en toile de fond des aventures de nos espions. Ils côtoient les figures emblématiques de la science-fiction que sont Tesla et Edison. À la fin, une invention fait son apparition, l’automobile, dont tout le monde prédit qu’elle n’aura aucun succès mais à laquelle s’intéresse un certain Ford.
Ainsi Jabberwocky possède tous les marqueurs définis par Perschon. En appliquant au manga sa grille de lecture on pourrait le définir comme l’esthétique steampunk appliquée à une uchronie dont le point de divergence se situe il y soixante-cinq millions d’années. Quant au style graphique si particulier, il convient parfaitement à cet univers décalé, bourré d’action et d’écailles, et observé à travers des goggles déformantes.

10.4.19

L'Hanami des amis


Pas grand chose à admirer cette année. Nous sommes entré d'emblée dans le concept de l'impermanence des choses.

30.12.18

100 de Cinéma japonais


100 de Cinéma japonais
Ouvrage collectif.
Éditions de la Martinière, en partenariat avec la Japan Foundation.
24×28,5 cm – 272 pages, 2018

Il s'agit de l'ouvrage de référence qui accompagne la rétrospective organisée dans le cadre du grand événement culturel Japonisme 2018.

Il ne s'agit pas véritablement d'une histoire du cinéma japonais. Ce livre contient les fiches des films projetés lors de cet événement et seulement de brefs résumés du contexte historique. 
C'est plutôt un super programme destiné à accompagner le cinéphile dans sa découverte des œuvres. Cela n'en reste pas moins très intéressant, aussi bien pour le novice désireux d'explorer ces régions encore inconnues que pour le passionné qui, comme moi, a déjà bon nombre de films nippons au compteur. Outre que les notices fourmillent de réflexions et d'informations intéressantes, parcourir ce livre permet de découvrir ou redécouvrir les films, d'avoir envie de voir ou de revoir. Et un livre sur le cinéma qui donne envie d'aller voir les films est forcément un bon livre.

29.12.18

24.12.18

Le Manga en théorie et en pratique

ou l'art du créateur de manga

Mon rêve d'enfance était de devenir dessinatrice. Pas artiste, juste dessinatrice. Je ne savais pas vraiment de quoi, l'essentiel étant à mes yeux d'arriver à gagner ma vie en passant mon temps le crayon à la main, état qui représentait pour moi le summum du bonheur sur terre. A l'adolescence, j'ai caressé le rêve de m'y mettre sérieusement, de faire de la BD. J'avais créé le concept de BD abstraite (ne me demandez pas) et ébauché quelques tentatives dans ce sens, mais, outre le "passe ton bac d'abord", mon dessin n'était pas top et je n'avais pas la moindre idée de la manière dont on bâtit un scénario qui tient la route. J'ai fini par me décourager et je suis passée du côté théorique de la force.

Ils en ont de la chance, ceux qui débutent et peuvent bénéficier des conseils de maître Araki en personne,  qui leur expose tous les fondamentaux du manga, les règles à observer, les points à développer, les écueils à éviter, la manière de travailler...
Il permet aussi de voir comment travaille Araki lui-même, comment un professionnel aborde son métier et partage son savoir-faire. C'est très enrichissant.
C'est une lecture intéressante et profitable, même si l'on ne souhaite pas devenir mangaka. Les principes qu'il énonce peuvent s'appliquer à de nombreux autres domaines de la création.

Hirohiko Araki, Manga in Theory and Practice. The Craft of Creating Manga, VizMedia, San Francisco, 2017. Très belle couverture cartonnée au graphisme sobre et classieux.
Il n'en existe pas encore de version française.

En prime, cette vidéo du maître au travail :


29.11.18

Le Peintre du vent, 2008

Le Peintre du vent
 
(바람의 화원/Baram-ui Hwawon)
,
série télévisée coréenne
d'après la nouvelle de Lee Jung-myung (1).


L'histoire se déroule dans la Corée du XVIIIe siècle. Une jeune fille, dont le père, un artiste de renom, et la mère ont été assassinés, s'est travestie en garçon pour devenir peintre à son tour et venger ses parents.
  • Intérêt du drama
- L'histoire. Bien menée, pleine de rebondissements, d'émotions, de joie et tristesse. Des personnages attachants et crédibles. 
- L'art. Pour ceux qui ignorent tout de la peinture traditionnelle coréenne, c'est une entrée en matière intéressante, car elle donne une idée de la manière dont les arts étaient organisés et  hiérarchisés, ainsi que de la façon dont les artistes abordaient la création et sur quels critères les œuvres étaient jugées et appréciées.
- Les techniques picturales. On y voit de véritables artistes peindre les œuvres. Fascinant.
- Les œuvres. Les compositions que l'on admire tout au long du drama sont inspirées d'œuvres véritables. L'idée la plus formidable étant de les avoir utilisées comme éléments clés de l'intrigue, et de les avoir insérées dans la logique de l'histoire.
  • Vérité historique et mensonge romanesque
Dans le drama, nous voyons, au gré des événements, les deux grands artistes Danwon (Kim Hong-do), le maître, et Hyewon (Shin Yun-bok) la jeune-fille peintre, se rapprocher et tisser des liens d'affection. Mais stop !!! On arrête tout !!!
La fiction a fait de Hyewon une femme,  mais ces deux artistes ont vraiment existé, et tous deux étaient des hommes. Tollé au sein du milieu universitaire coréen. Les licences prises avec la vérité historique choquent, et on les considère comme un manque de respect envers un artiste renommé. 
Lee Jung-myung raconte que l'idée lui est venue en examinant les œuvres de Hyewon ; il leur a trouvé un aspect très féminin, de là l'idée de faire de l'artiste une femme. Il a eu beau jeu car on ignore presque que tout de lui, on sait seulement que son père était un membre de l'Académie royale de peinture, Dohwaseo, lieu où se déroule une bonne partie de l'action de notre drama, mais Hyewon lui-même n'en a jamais fait partie car à l'époque une loi interdisait aux parents et aux enfants de travailler dans un même endroit. On ne sait pas où il a étudié, ni même s'il s'est marié, ni où il mort.
Mais ce sont les véritables œuvres de Danwon et Hyewon qu'on leur voit peindre dans le film, avec les caractéristiques artistiques et techniques qu'on attribue à ces deux artistes.

La drama débute et s'achève sur une œuvre célèbre de Hyewon, "Portrait d'une beauté", lui attribuant une signification aussi fausse que belle et émouvante. On regarde les dramas pour cela, pour s'émouvoir, mais, comme toutes les fictions historiques, ils peuvent être une porte ouverte sur la connaissance. Il suffit de la pousser et d'entrer.
Les œuvres de Hyewon sont conservées au Kansong Art Museum de Séoul, un musée qui ouvre deux fois l'an, en automne et au printemps. Au moment de la sortie de la série télévisée, le musée a connu la plus grosse affluence de son histoire. Tout le monde souhaitait contempler ces œuvres que la fiction avait remises au goût du jour et dont elle avait fourni des clés de lecture.
  • Les conventions artistiques
L'inspiration, la création et les conventions artistiques sont parmi les choses les plus intéressantes à étudier. Dans ce drama, ce qui m'a fait passer en mode recherche c'est l'énonciation des règles confucéennes présidant à la réalisation du portrait d'un roi : de face, symétrique, mains cachées, sans émotions, etc. J'ai essayé de trouver un texte, chinois ou coréen, qui les énumère et les explique, mais pour le moment, ma quête est restée infructueuse. Par contre, j'ai découvert cette thèse très intéressante qui répond en partie aux questions que je me posais sur l'art coréen traditionnel :

Naeyoung Ryu-Paganini,  L’œuvre de Yun Duseo (1668-1715), peintre-lettré coréen à l’époque ”prémoderne”. Art et histoire de l’art. Université de Strasbourg, 2017. Français. NNT: 2017STRAG032

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(1) non traduite en français. Pour le moment, un seul de ses livres a été traduit dans notre langue, il s'agit de Le Garde, le Poète et le Prisonnier, Michel Lafon, 2014, traduit depuis l'anglais.
La nouvelle Le Peintre du vent a également inspiré un film, Portrait of a Beauty (미인도/Miindo), de Jeon Yun-su, 2008.

24.11.18

Idée cadeau pour passionnés de Japon

Noël approche et vous êtes à court d'idées. Que pourriez-vous bien offrir à votre meilleure amie ou à votre nièce qui ne parle et ne rêve que Japon ?
Ne cherchez plus, car je vous propose l'idée la plus jolie qui soit : un Jeu des fleurs ou Hanafuda.

Hanafuda est un jeu traditionnel japonais composé de petites cartes représentant les douze mois de l'année auxquels sont associés des fleurs et divers symboles. Au point de vue du design, les cartes sont très belles et il existe des variantes plus ou moins stylisées.

Le principe du jeu est assez simple, puisqu'il s'agit de former des paires et de rassembler le plus de cartes possible afin de faire le meilleur score.  Un jeu coûte entre 8 et 30€ selon la marque, le modèle et l'endroit où on l'achète. C'est en le commercialisant que Nintendo a débuté son activité.

Si votre budget est serré, vous pouvez en rester là, mais je ne vous le conseille pas, car il existe un livre consacré au hanafuda et qui, pour la modique somme de 12€, accompagnera avec bonheur votre jeu :  Hanafuda, Le Jeu des fleurs de Véronique Brindeau. 
Ce livre nous dévoile, à travers la symbolique des fleurs, tout un pan de la culture et de l'imaginaire japonais. L'écriture est agréable. Cette plongée dans le raffinement et la délicatesse de la culture nippone fait énormément de bien à l'âme. 
L'auteure n'oublie pas d'en exposer les règles, et, en fin de volume, nous propose un set de cartes à détacher. Si je vous conseille  d'acheter un jeu de cartes c'est parce que lorsqu'on possède ce joli livre, on n'a pas forcément envie de le découper. 

23.11.18

Rencontre inattendue avec Jélyotte

Au détour d'un dictionnaire de coréen, en vérifiant l'orthographe du mot chanteur, je tombe sur cet exemple, amusant pour moi car il symbolise la rencontre de deux de mes passions : l'opéra de Rameau et mon apprentissage actuel :
"Le Chanteur Pierre de Jelyotte (1713-1797) dans le rôle de la Nymphe Platée"
플라테 요정의 역할을 맡은 가수 피에르 드 젤리오트 프랑스국립박물관연합(RMN)
ⓒ프랑스국립박물관연합(RMN)
Jélyotte était le chanteur vedette de son époque. Marmontel le décrivait ainsi :
Né dans l'obscurité, et enfant de chœur d'une église de Toulouse dans son adolescence, il était venu de plein vol débuter sur le théâtre de l'Opéra, et il y avait eu les plus brillants succès. Dès ce moment il avait été, et il était encore l'idole du public. On tressaillait de joie dès qu'il paraissait sur scène, on l'écoutait avec l'ivresse du plaisir ; et toujours les applaudissements marquaient les repos de sa voix. Cette voix était la plus rare qu'on eût entendue, soit par le volume et la plénitude des sons, soit par l'éclat perçant de son timbre argentin. Il n'était ni beau ni bien fait, mais pour s'embellir, il n'avait qu'à chanter ; on eût dit qu'il charmait les yeux en même temps que les oreilles. Les jeunes femmes en étaient folles : on les voyait à demi-corps élancées hors de leurs loges, donner en spectacle elles-mêmes l'excès de leur émotion ; et plus d'une, des plus jolies, voulaient bien la lui témoigner. Bon musicien, son talent ne lui donnait aucune peine, et son état n'avait pour lui aucun de ses désagréments. Chéri, considéré parmi ses camarades, avec lesquels il était sur le ton d'une politesse amicale mais sans familiarité, il vivait en homme du monde, accueilli, désiré partout.
Les gens croient que la folie des idoles a commencé avec les Beatles, mais en réalité elle est vieille comme le monde.

Chanteur, en coréen s'écrit ainsi 가수 et se prononce "kashu" (même chose en japonais).

30.10.18

Merveilles du manga #01

Détail de la couverture du numéro 9 du manga Steel Ball Run de Hirohiko Araki.

Jayro Zeppeli et Johnny Joestar sur sa monture posant parmi les bouleaux. L'effet visuel est si recherché et si bien maîtrisé que je ne pouvais pas laisser passer cette image sans exprimer mon admiration. Du reste, toute la série est superbement dessinée. 
Quant à l'histoire, la "Steel Ball Run" Race est une course de 6000 kilomètres de San Diego à New York dont nous suivons les péripéties mouvementées, souvent explosives,  violentes, et un peu WTF sur les bords. L'imagination y est au pouvoir. 

5.10.18

"Saving General Yang", Benny Yu, 2013


Nous sommes en 986, au début de la dynastie Song. Les Khitans, venus du nord, envahissent la Chine.  L'Empereur envoie les généraux Yang et Song les stopper, et confie le commandement en chef au second.
La stratégie mise au point,  Yang et ses hommes partent à l'assaut des hordes barbares, mais au lieu de leur venir en soutien comme cela était prévu, Song rappelle ses troupes et abandonne son collègue et rival en pleine bataille, le vouant, ainsi que toute son armée, à une mort certaine.
Yang parvient à mener ce qu'il lui reste d'hommes jusqu'à une citadelle  abandonnée d'où ils s'efforcent de résister à un ennemi bien supérieur en nombre.
Pendant ce temps, apprenant la trahison du général Song et la situation de leur père, ses sept fils décident de se porter à son secours et de le ramener coûte que coûte, au péril de leur propre vie. 
Cet épisode historique, dont les détails sont mal connus, fait partie des événements fondateurs de la Chine, car le comportement des fils illustre les valeurs prônées par le confucianisme, la piété filiale, l'honneur, le courage et le sacrifice. Il s'agit donc d'une histoire très connue et maintes fois prise comme thème de films ou de spectacles. 
Saving General Yang est un film de guerre et, sauf quelques scènes de palais destinées à installer l'intrigue, nous sommes en permanence sur les champs de bataille, mais ce n'est ni monotone ni ennuyeux car Benny Yu a su varier habilement les situations et les lieux - des paysages sauvages et grandioses - et imprimer un bon rythme à l'ensemble de l'œuvre.
Si l'histoire a été arrangée pour les besoins de l'intrigue, les batailles ont été conçues en respectant les techniques d'époque. On y découvre comment l'armée chinoise utilisait les catapultes ainsi que de sortes de bombes incendiaires envoyées en pluie sur l'armée ennemie à l'aide d'arcs, et allumées en l'air au moyen de flèches allumées. 
Un livret et une vidéo viennent compléter et enrichir l'expérience en replaçant l'événement dans son contexte historique et culturel. Un effort pédagogique bienvenu, car il est toujours agréable de repousser les limites de son ignorance. 
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Saving General Yang, Benny Yu, 2013, Combo DVD/Blue Ray, M6 Vidéo. 

23.9.18

Mushi-shi, l'anime, 2005

Mushi-shi, l'anime, d'après le manga de Yuki Urushiba, 
réalisé par Hiroshi Nagahama pour le Studio Artland.

En japonais, "mushi" signifie insecte, mais les insectes dont il est question dans cette œuvre sont de nature différente... Définis comme n'étant ni réels ni véritablement des illusions, ils sont visibles seulement de certaines personnes, mais interfèrent avec le monde des humains dont ils bouleversent l'équilibre. Beaucoup sont inoffensifs, mais certains peuvent s'avérer destructeurs et mortels. C'est au "Mushi-shi", spécialiste du sujet, assumant les fonctions de chercheur, shaman et guérisseur qu'il incombe d'intervenir pour rétablir l'ordre des choses. 
C'est sur ces prémices que s'écrit l'histoire du Mushi-shi Ginko dont nous suivons les pérégrinations à travers le Japon. Chaque épisode de la série est l'occasion de rencontrer de nouveaux personnages, d'entendre le récit, souvent dramatique, de leur vie et de découvrir l'univers extraordinaire de ces entités. Le génie du mangaka est d'avoir utilisé le prétexte de ces créatures surnaturelles pour  livrer des histoires qui tiennent à la fois du drame vécu et du récit merveilleux. Les personnages sont des gens simples. Les dialogues sonnent juste et apportent une touche philosophique, tandis que la musique renforce l'impression contemplative et zen qui se dégage de l'ensemble.
Le Japon qui nous est présenté est intemporel, rêvé et idéalisé, c'est celui des campagnes, des forêts et des montagnes ; un pays luxuriant et mystérieux, imprégné des traditions et des croyances shinto. 
Des images de toute beauté viennent transcender cette œuvre intelligente. C'est un bijou.

En France, le manga est sorti chez Kana, mais semble désormais introuvable, et l'anime chez Black Box.
Mushi-shi The Movie, dirigée par Katsuhiro Otomo, avec Joe Odagiri dans le rôle du personnage éponyme, est paru en 2007. Il s'agit d'une adaptation cinématographique relativement fidèle à l'esprit du manga, plutôt réussie, mais qui est loin de posséder la magie de l'anime. Il n'a pas été distribué en France. Une version sous-titrée en anglais est parue chez Funimation.

4.9.18

Blog silencieux...

... blogueur heureux !

Si vous cherchez des dictons du XXIe siècle, adressez-vous à moi ! Je suis la sagesse populaire incarnée et ils me viennent naturellement.

Blog silencieux, blogueur studieux, en vérité. J'ai succombé à une envie qui me tourmentait depuis un bon moment : apprendre le coréen.
J'ai eu le déclic durant la soirée du 24 juin exactement. Je venais de commencer le drama Hyde, Jekyll, Me, et, peut-être le joli minois de Hyun Bin m'a-t-il inspirée....  je ne sais... mais il m'est brusquement apparu que continuer à regarder des productions coréennes sans en profiter pour apprendre la langue était insensé, qu'il s'agissait là d'un véritable gaspillage de temps et d'opportunité. Intolérable. Qu'il fallait y remédier au plus vite et faire fructifier ces soirées en immersion complète dans la culture coréenne, et dans les fossettes et le doux regard de Hyu... mais je m'égare...

Ma résolution était prise. Le lendemain, j'allais télécharger Lingodeer et  prenais, avec délectation, un sourire béat collé sur la figure, ma première leçon. Enfin, ma presque première leçon puisque je savais déjà lire. 

Qu'est-ce que cela fait d'apprendre le coréen ?

En tout premier lieu, on a la furieuse impression de se colleter avec un gigantesque virelangue. L'épreuve passée, on a une diction impeccable en n'importe quelle autre langue, mais toujours pas en coréen... mais on continue quand même parce que quand on rencontrera Hyun Bin, on voudra être capable de lui dire "oppa"...

La langue comporte beaucoup de nasales, de voyelles, et les consonnes s'amollissent au moindre soupçon de voyelle, voire même parfois sans véritable raison. On est surpris par ce côté plastique, comme malléable.

On réalise que regarder des films et des séries nous a permis d'acquérir, sans effort, beaucoup de vocabulaire. Puis on est ravi de reconnaître assez vite, dans la langue parlée certains des mots que l'on a appris dans les leçons. On comprend de plus en plus de choses.

On se félicite d'avoir appris le japonais avant parce que cela fait gagner beaucoup de temps. Même si la langue est différente, la structure est similaire, puisque ce sont toutes deux des langues agglutinantes. L'usage des particules est pour nous autres très déroutant, et en japonais j'avais mis un certain temps à intégrer cette façon de fonctionner. Et là j'étais déjà en terrain conquis. De plus, tout comme le japonais, le coréen utilise de nombreux mots chinois, et même si la prononciation diffère légèrement, ils sont déjà familiers : médecin en japonais "isha", en coréen "uija" ; bibliothèque, en japonais toshokan, en coréen dozokwan (j'ai essayé de rendre la prononciation). Ces  deux mots seuls montrent déjà la manière qu'à le coréen d'adoucir et d'amollir les consonnes.

Enfin, on se demande combien de temps cela va prendre pour que l'on comprenne une phrase entière sans avoir besoin de se la faire répéter quinze fois, parce que justement, comme la langue est plastique, une fois intégrés à la phrase certains mots ne se sont plus vraiment reconnaissables...
J'en suis là...

Comme le sujet est austère, je termine sur une note agréable (car il faut savoir captiver son lecteur et ceux qui m'ont lue jusqu'à la fin méritent d'être récompensés). Si vous ne le connaissez pas encore voici Hyun Bin. (Et vous risquez de comprendre enfin pourquoi les femmes adorent les dramas coréens !)


Il vous a plu ? Revenez me voir, je vous en présenterai d'autres !

26.7.18

"Mangasia"

Paul GRAVETT, Mangasia - Le Guide de la bande dessinée asiatique,
Hors Collection, 2017, 320 p.

Quand j'ai arraché le papier cadeau et aperçu cette couverture éclatante et ce titre...  mes yeux ont jailli hors de leurs orbites, mes oreilles se sont dressées, j'ai hurlé à la mort et je me suis mise à baver... On m'a donné un sucre pour me calmer... 
Une fois l'émotion retombée, j'ai pu me plonger dans la lecture de ce magnifique et précieux ouvrage.
En l'ouvrant, on découvre, éberlué,  une préface signée Park Chan-wook, on se dit alors que ce n'est pas possible, ce bouquin est trop parfait pour être vrai. En vérité, il l'est et le reste jusqu'à la dernière page.
C'est un incontournable. Si vous vous intéressez à la BD, au manga et à l'Asie en général, il est pour vous. 
Il expose la genèse et le développement de la bande dessinée dans divers pays asiatiques, replace les œuvres dans leur contexte culturel, offre des chronologies des événements marquants, s'arrête sur le parcours des principaux artistes, explique le rôle des périodiques, s'intéresse au contexte politique et social, au problème de la censure, à la condition des artistes, au développement multimédia...
L'approche est intelligente et abondamment documentée. La somme d'informations délivrée est absolument stupéfiante. Il constitue une bonne base de départ pour explorer ce vaste continent (pour nous encore presque vierge), qu'est la bande dessinée asiatique.

25.7.18

Zonked Witch


Witch's Love (2014)

Une des scènes de K-drama les plus drôles que j'aie vues.
Ce doit être au cinquième épisode de Witch's Love. La "sorcière" qui a, comme il se doit dans tout bon drama, noyé ses déconvenues dans l'alcool, est complètement torchée et se met à apostropher la copie du David de Michel-Ange. Moment d'anthologie.

16.4.18

"The Flame's Daughter" (Drama, Chine,2018)

Flame's Daughter (2018)

Dans la série "Visuels d'enfer", découvrez ICI (ou en cliquant sur l'image) la somptueuse affiche du drama chinois Liehuo Ruge (The Flame's Daugher), dont je ne montre ici qu'un détail, de dimensions réduites qui plus est.  



13.1.18

Goshaaaaa !!!!!


Il y a quelques années, j'évoquais ici Robin Gatto et le choc Gosha(*).  Je savais qu'un livre était en préparation et j'en attendais la sortie avec impatience, mais je l'ai manquée. C'est par pur hasard que le mois dernier, en cherchant des idées de cadeaux pour Noël, je suis tombée sur cette monographie qui pour tout fan de Gosha s'apparente à une sorte de Graal.
Il s'agit d'un ouvrage en deux beaux volumes à couverture cartonnée, le premier consacré à "Sa vie" et le second à "Ses films", le tout complété de documents, de commentaires, d'entretiens, d'analyses... Une somme d'informations si impressionnante qu'on n'osait même pas en rêver.
Je ne me suis pas encore plongée dans sa lecture, car j'ai bien peur de ne plus pouvoir m'en extirper, mais l'ouvrage m'a d'ors et déjà donné l'envie de revoir tous les films...

Une chaîne Robin Gatto a été créée récemment sur Youtube. Elle propose une belle série de vidéos sur le cinéma japonais, dont des entretiens avec Gosha et sa fille Tomoe.

Robin GATTO, Hideo Gosha, cinéaste sans maître, LettMotif, 2014.

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(*) J'ai également mentionné un des films de Gosha dans ce billet  sur Nakadai).