23.5.20

"Diner", Mika Ninagawa, 2019


Diner est adapté d’un manga créé par Takanori Kawai (dessin) et Hirayama Yumaki (scénario).
Ooba Kanako mène une triste existence faite de petits boulots. Elle réalise que sa vie ne changera jamais si elle poursuit dans cette voie. Elle doit prendre davantage de risques.  Elle accepte alors une mission dont la rémunération annonce clairement le caractère illégal voire dangereux. Elle ne tarde pas à se retrouver dans les griffes de yakuza qui menacent de la tuer. Elle plaide sa cause disant qu’elle sait cuisiner et se dévouera corps et âme à leur service s’ils l’épargnent. Ils l'envoient alors dans un endroit très spécial, un restaurant pour tueurs où la moindre faute peut lui coûter la vie.
Que la réalise ait choisi d’adapter ce manga, un seinen violent et qui prend au fil des épisodes un caractère de plus en plus gore et malsain, m'a surprise, mais en mettant ce film en perspective avec ses précédents travaux, le point commun m'est apparu: il s'agit d'un récit d'émancipation féminine, un sujet central dans son œuvre. L'héroïne se libère progressivement de sa peur, se relève, s'affirme et s'oppose à ceux qui la voulaient obéissante et soumise. Elle a un rêve et se donne les moyens de le réaliser, d’abord en sortant du cadre légal de la société puis en affrontant les mafieux,.
Visuellement, c’est du Mika Ninagawa. Si vous la connaissez comme photographe, vous savez à quoi vous attendre. Elle s’écarte du manga, dont les décors sont minimalistes, pour créer une fantaisie baroque, kitsch et somptueuse. Elle surcharge ses scènes d'une profusion de fleurs et de motifs aux couleurs saturées, et saupoudre le tout d'oeuvres d'art.
Par certains aspects, l’œuvre rappelle Pistol Opera de Seijun Suzuki. Cette exubérance visuelle représente le point fort du film, et peut-être son seul objet, car Diner pâtit d'un gros point faible: trop focalisée sur l'aspect visuel, Mika Nakashima semble en avoir oublié de travailler ses personnages secondaires qui, pour la plupart, ressemblent à des joueurs de cosplay. Leur manque de crédibilité plombe le film. Quel dommage! Il s'en est fallu de peu que le résultat ne soit véritablement génial. 
Une œuvre à voir cependant pour la beauté qui s’y déploie.

17.5.20

"River's Edge", Isao Yukisada, 2018


Une autre adaptation d'un manga de Kyoko Okazaki, mais dans un style très différent. Réaliste.
Nous suivons les interaction d'une bande de lycéens, mais nous nous trouvons cette fois dans une banlieue traversée par un fleuve aux eaux noirâtres et polluées, avec pour toile de fond une énorme usine.
Tout y est sombre. Les personnages baignent dans une atmosphère pesante et sans joie. Les jeunes n'y font pas la fête. Ils semblent n'avoir jamais connu la joie. Violents ou victimes de violences, ils sont paumés, désenchantés, dépourvus de perspectives, et s'interrogent sur la vie. Malgré tout, des liens se créent. Bon film, mais désespéré.

14.5.20

"Chiwawa Chan", Ken Ninomiya, 2019


La télévision annonce un fait divers. Le corps dépecé d'une jeune femme, Yoshiko Shiwaki, a été retrouvé dans la baie de Tokyo. En voyant cette émission, des jeunes gens mettent un certain temps à comprendre que la personne en question est celle qui se faisait appeler "Chihuahua" et qu'ils avaient fréquentée durant leurs années de lycée. Ils prennent conscience qu'ils ne savaient rien d'elle, pas même son véritable nom. Miki, une des filles du groupe, interprétée par Chieko Kuriyama, reprend contact avec les membres de la bande, désormais éparpillés car entrés dans la vie active, afin de recueillir leur témoignage sur le passage éphémère de cette fille dans leur existence.
L'histoire est adaptée d'un manga de Kyoko Okazaki. Le personnage de Chihuahua, qui apparaît dans ce portrait reconstitué à la façon d'un puzzle, est l'archétype de la fille "kawaii", c'est-à-dire "mignonne", dans l'imaginaire du manga pour filles. Elle est petite, amusante, bienveillante, facile à vivre. La référence au petit chien, n'est pas un hasard car l'association avec cet animal est une constante chez ce genre de personnage. L'attitude toujours gaie et enthousiaste du petit chien résume en quelque sorte l'essence du kawaii. Chihuahua est donc gentille et ne calcule pas. Elle suit ses envies et ses désirs, et même les désirs des autres sans se poser de questions. Elle semble imperméable à la malveillance. Son manque de méfiance, de discernement et sa liberté l'amènent à fréquenter des personnes douteuses et à mener une vie instable. Contrairement à ce que l'on pourrait penser, la psychologie à l'oeuvre dans le film n'est pas simpliste; le caractère hors-norme de la jeune fille fonctionne comme révélateur des passions, jalousies et frustrations de ceux qui gravitent autour d'elle, car elle plait aux garçons, fait tout mieux que ses amies et n'est pas avare de son corps. Et puis l'on découvre peu à peu qu'elle n'était peut-être pas aussi lisse.
Un film à voir, ne serait-ce que pour sa réalisation recherchée. Il est truffé de plans originaux, créatifs, de scènes saisies sous des angles improbables. C'est un festival pour les yeux. Les images sont colorées, et l'ensemble traduit à la perfection l'ambiance un peu folle, libre, et le côté insouciant de cette jeunesse, même si dans certaines scènes les accessoires et les situations sont un peu trop – mais c'est peut-être le côté manga qui veut cela.

6.5.20

"Crosscurrent", Yang Chao, 2016


Crosscurrent,
(Chang Jiang Tu – La Carte du Long Fleuve), Yang Chao, 2016.


Chang Jiang, le "Long Fleuve", est le nom chinois du Yang-Tsé-Kiang, ce géant qui prend sa source à plus de 5000 m d'altitude au Tibet et traverse toute la Chine pour aller se jeter,  6300 kilomètres plus loin, dans la Mer de Chine Orientale.
Gao Chun qui a hérité du cargo de son père lève l'ancre pour livrer des marchandises illicites. Le film commence de manière réaliste, du côté de Shanghai, dans l'univers industriel des grands ports du delta, mais les poèmes d'un manuscrit anonyme que le jeune homme découvre dans la cale et les apparitions d'une mystérieuse jeune femme qui ponctuent les étapes de son voyage, finissent par l'obséder au point de lui faire perdre de vue ses obligations. Plus il s'enfonce dans les terres et plus les événements prennent un caractère irréel, spirituel, comme si la magie du fleuve dissolvait la réalité et s'emparait de son esprit.
Le film nous entraîne dans un parcours énigmatique (initiatique ?), une remontée à la source à la fois physique et symbolique. Le rythme est lent, la caméra s'attardent sur les paysages, sur les visages, sur les objets, pour nous délivrer des images de toute beauté. On se laisse porter…


4.5.20

"Un Jardin que l'on croirait éternel", Tatsushi Omori, 2018

Un jardin que l'on croirait éternel 
(Nichinichi kore ko jitsu), Tatsushi Omori, 2018

"Un jardin que croirait éternel", quel joli titre ! Plus esthétique que le titre original, mais pas du tout pertinent car "Nichinichi kore ko jitsu", que l'on pourrait traduire "chaque jour est beau" ou "appréciable", et que le titre international a rendu par la formule "every day a good day", constitue un élément clé du film dont la portée est perdue dans la version française.
Noriko et sa cousine décident un peu par hasard de s'initier à la cérémonie du thé. Les jeunes filles s'entendent très bien mais leurs caractères sont opposés. L'une, la cousine, sait parfaitement ce qu'elle veut et s'emploie à atteindre ses objectifs, tandis que l'autre, Noriko, peine à trouver sa voie et à se frayer un chemin dans la vie.
"Chaque jour est beau", tel est le message que les deux jeunes filles déchiffrent avec peine sur le kakemono qui orne le mur alors qu'elles attendent la venue de leur professeur pour leur première leçon. Un message dont elles ne comprennent ni l'intérêt ni la portée. Nous découvrons ensuite en même temps qu'elles la mystérieuse et complexe cérémonie du thé. Assez rapidement la cousine, happée par ses occupations, n'est plus en mesure d'assister aux cours. Noriko dont la vie privée et professionnelle continue à stagner, y revient seule, chaque semaine, on ne sait trop si par défaut ou par habitude. Au fil des saisons, au fil des années, nous l'accompagnons, ainsi que sa sensei, incarnée par la regrettée Kirin Kiki, à travers des cérémonies du thé toutes semblables et pourtant toutes différentes.
On a beau s'être documenté sur la cérémonie du thé, il fallait ce film pour comprendre à quel point elle est plus codifiée, plus profonde et plus spirituelle qu'on ne l'imaginait. Il ne s'agit pas seulement de préparer du thé. C'est un rituel philosophique, un moment privilégié que le maître de thé crée comme l'on composerait une œuvre d'art, à l'aide de divers éléments dont la préparation du thé, sa gestuelle précise, n'est que le climax d'une harmonie qui fait entrer en jeu le choix de la vaisselle, des confiseries, du bouquet que l'on place sur l'estrade et du kakemono que l'on accroche au mur. Chacun de ces éléments est soigneusement choisi en fonction de la saison, du moment, des participants, de l'état d'esprit du maître de thé et du message sur lequel il souhaite attirer l'attention ou inviter les personnes présentes à méditer. C'est pourquoi le message qui accueillait les deux jeunes filles lors de leur premier contact avec cette discipline était fondamental. Il figure d'ailleurs sur l'affiche ci-dessus, au centre, dans le style graphique qui était celui du kakemono.
L'impression de beauté, de sérénité et de paix déborde du film pour nous toucher et nous inspirer. Quel bonheur ce doit être de se rendre chaque semaine chez le maître de thé, d'y découvrir des raffinements toujours nouveaux et de s'imprégner de cette sagesse intemporelle !

3.5.20

"Le Temps de l'humain", Kim Ki-duk, 2018


Un groupe de personnes embarque sur un vieux navire de guerre pour une traversée. Il y a là l'équipage, un politicien et son fils, un groupe de mafieux, quelques prostituées, des étudiants, de jeunes couples d'amoureux…… Ôtez les limites imposées par les lois, mettez les passagers en mode survie et voyez ce qui se passe… Malgré ce côté film d'horreur/survie, on peut le lire comme une fable philosophique – à ne pas confondre avec le conte de fée, car ce n'est pas un film à regarder en famille.
Tout le monde se souvient encore de Printemps, été, automne… et printemps (Bom yeoreum gaeul gyeoul geurigo bom) du même auteur, un film contemplatif, hors du temps, qui rendait compte de la succession des saisons dans un lieu sacré, un vieux temple isolé au milieu d'un lac. Le titre original du Temps de l'humain  est Inkan, gongkan, sikan geurigo inkan qui se traduit par "humain, espace, temps et humain". Comme on le constate, il est calqué sur celui de l'oeuvre précédente, car ce film en constitue le pendant négatif. Tandis que le premier traitait du spirituel, de l'harmonie avec la nature (finalement détruits par l'apparition du profane), ce nouvel opus se concentre sur la chair, sur l'être humain, la nature humaine, dont il souligne le caractère bestial immuable.
Ce film n'est que violence. Tout y est horrible, mais si l'on les faits de manière objective, de telles choses se sont déjà produites, car la barbarie est une constante de l'histoire humaine. Un miroir nous est tendu et l'image qui s'y reflète est abjecte et déplaisante.
L'être humain n'a jamais évolué et tout recommencement produira ce genre d'histoire. Parfois le temps l'embellira pour en faire un récit des origines ou y poser une religion. C'est ce que semble signifier ce film, car cette histoire sanglante à les caractères d'un mythe fondateur.

29.4.20

"Un Grand voyage vers la nuit", 2018, Bi Gan

Un Grand voyage vers la nuit(Di Qiu Zui Hou De Ye Wan), 2018, Bi Gan.

À l'occasion de la mort de son père, un homme retourne sur les lieux de sa jeunesse. Il se souvient d'une femme avec qui il a entretenu une liaison autrefois. Son souvenir ne l'a jamais quitté car, explique-t-il, elle apparaît toujours dans ses rêves au moment où il est près de l'oublier… Il part à sa recherche.
Ce n'est ni un polar ni un film noir comme j'ai pu le lire dans certains commentaires. C'est seulement l'histoire d'une quête, d'un retour sur le passé, de la recherche d'un souvenir. La nuit dont il est question est peut-être celle des endroits obscurs que le personnage traverse, à moins que ce ne soit celle du rêve car parfois l'on ne sait plus très bien si la scène qui se déroule devant nos yeux appartient au présent, car des éléments y apparaissent qui figuraient également dans le rêve ou dans son passé. Par le moyen de cet entre-deux, le réalisateur parvient à conférer à certaines scènes un caractère irréel, onirique tout en conservant l'aspect réaliste de l'image. C'est un procédé très intéressant.
Le décor dans lequel le personnage évolue est celui de la Chine profonde, banale, celles des lieux miteux, abandonnés ou négligé et pourtant les images sont superbe. Il s'en dégage un charme puissant.
Un Grand voyage vers la nuit fait partie de ces films à l'atmosphère particulière dans lesquels on éprouve de temps à autre le besoin de se replonger.

28.4.20

"Girls Always Happy", 2018, Yang Mingming


Girls Always Happy (Rou qing shi), 2018, Yang Mingming

Cette affiche si sombre et lugubre m'a conduite à m'interroger sur la relation existait entre l'image et le titre. Cette maternité est l'oeuvre du peintre autrichien Egon Schiele, et s'intitule "Tote Mutter", soit "Mère morte". Quelle contradiction avec le titre international du film qui signifie "Les filles sont toujours heureuses". Fallait-il y voir de l'ironie ou une traduction fantaisiste pour l'exportation ?
Le visionnage du film n'ayant pas répondu de manière évidente à ma question, j'ai fini par me décider à faire une recherche. Le titre chinois est littéralement est "Histoire de tendres sentiments." Il possède effectivement une certaine ironie, mais sans cette contradiction fondamentale entre le bonheur clamé d'un côté et la représentation de la mort de l'autre.
Dans le film, la mère et la fille sont bien vivantes et habitent un petit logement décrépit dans un quartier pauvre de Pékin, un "hutong" au ruelles labyrinthique. Toutes deux écrivent, la fille parce qu'elle souhaite en faire son métier, et la mère par désœuvrement et aussi par imitation. Pour l'une comme pour l'autre le succès n'est pas au rendez-vous et elle doivent trouver des expédients pour subsister. Leurs recours sont plus ou moins glorieux et fructueux. L'angoisse de l'avenir liée à leurs conditions de vie précaires, empoisonne leurs relations qui oscillent entre complicité et reproches en fonction des espoirs et des déconvenues qui émaillent leur vie.
C'est un film intimiste, lent, une étude psychologique. Sans effets esthétique, sans fioritures, la réalisatrice dissèque le quotidien, ce qui confère à l'oeuvre une certaine qualité documentaire. Cette relation particulière à un côté universel et bien des mères et des filles vont se reconnaître dans les portraits combinés de ces deux femmes. 

23.4.20

"La Femme de Villon", Kichitaro Negishi, 2009

La Femme de Villon (Viyon no tsuma, 2009) de Kichitaro Negishi.

Le film est tiré de la nouvelle éponyme d'Osamu Dazaï (1909-1948) publiée en 1947. Sur un site consacré au cinéma, on pouvait lire la critique suivante : "Ce film est nul, il s'intitule La femme de Villon, alors qu'il n'y a aucun Villon dedans !" Et pour cause, le Villon dont il est question est le poète français du XVe siècle, François de Montcorbier, plus connu sous le nom de François Villon. Ozamu Dazai, dont les œuvres étaient d'inspiration autobiographique, devait, par delà les siècles, voir en Villon, poète de mauvaise vie, une sorte d'alter ego.
Le film narre, à travers le prisme de son épouse, Sachi, l'histoire pathétique d'Otani, un écrivain à la dérive, célèbre pour sa prose, pour sa vie d'excès et obsédé par le suicide. Incapable de mener une vie régulière, il accumule les embarras, les dettes, s'oublie dans l'alcool et dans les bras d'autres femmes, tandis que l'épouse délaissée, qu'il condamne à la misère, lutte pour élever son enfant et tente de mener une vie honorable malgré les humiliations et les déboires que lui valent l'inconduite de son mari.
C'est un beau film, triste, à la réalisation soignée. Il conserve l'esprit de la nouvelle, mais puise aussi dans d'autres événements de la vie de Dazaï. Tadanobu Asano campe un Villon élégant, même dans la déchéance. Takako Matsu, tient bien son rôle d'épouse digne, à la fois combative et résignée. Quant à l'enfant, il fait vraiment pitié. Le film m'a donné envie de lire la nouvelle. Elle s'ouvre justement sur le portrait poignant du petit esquissé par sa mère. Ce paragraphe résume à lui seul la situation qui est a leur. 
Le garçon a quatre ans cette année, mais est-ce à cause de la malnutrition ou en raison de l’alcoolisme ou de la maladie de son père, il est en réalité plus petit que la plupart des enfants de deux ans. Il n’est même pas solide sur ses jambes, et pour ce qui est de parler, tout ce qu’il sait dire c’est « miam, miam » ou « agha ». Parfois je me demande s’il n’est pas faible d’esprit. Un jour que je l’avais emmené au bain public et que je le tenais dans mes bras après l’avoir déshabillé, il avait l’air si petit et si pitoyablement maigre, que mon cœur s’est brisé, et que j’ai fondu en larmes devant tout le monde. Le petit a toujours des problèmes digestifs ou de la fièvre, mais mon mari ne passe presque jamais de temps à la maison, et je me demande s’il lui arrive de penser à son fils. Si je lui dis que l’enfant a de la fièvre, il répond « Tu devrais le conduire chez un médecin. » Et puis il jette son manteau sur ses épaules et s’en va. J’aimerais l'emmener consulter mais je n’ai pas l’argent nécessaire. Il n’y a rien que je puisse faire à part m’allonger près de lui et lui caresser la tête.

En lisant son roman La Déchéance d’un homme, on comprend qu'Osamu Dazaï était socialement inadapté. Il lui manquait le mode d'emploi de la vie. Les paroles et les actes des autres étaient pour lui une énigme. Cet état l'isolait profondément. Certains pensent qu'il souffrait d'une forme d'autisme, d'où son incapacité à se couler dans le moule et sa grande détresse psychologique.

19.4.20

"Le Monde de Kanako", Tetsuya Nakashima, 2014

Le Monde de Kanako (Kawaki), Tetsuya Nakashima, 2014
Bien que le générique à la Tarantino laisse penser que nous apprêtons à visionner une sorte de  grindhouse, il n'en est rien. Le film, complexe et travaillé, s'avère, par son réalisme, beaucoup plus choquant et perturbant qu'un film d'exploitation.
Une jeune fille, Kanako, a disparu. Son père décide d'enquêter pour la retrouver. C'est à travers les témoignages de ses amis et de flashback que l'on découvre peu à peu la jeune fille, son passé, et les raisons de sa disparition. Un scénario rebattu, me direz-vous. Non, parce qu'ici le père est un malade mental, alcoolique, haineux et violent.
L'œuvre s'ouvre sur une citation de Cocteau, "Une société n'est confuse que pour un esprit confus",  et continue par une suite de séquences colorées sur le thème de Noël brusquement interrompues par des flashes sombres montrant en plan rapproché le visage d'un homme proférant insultes et menaces à l'encontre d'une femme qui n'apparaît pas sur l'image. On ne peut s'empêcher de voir d'un côté la vie idéale et de l'autre la réalité, et d'un côté dieu (symbolisme de Noël, statue de la Vierge) et de l'autre le diable, car la voix de l'homme ressemble à celle que l'on prête aux personnages démoniaques ou possédés.
Des deux voies, le film choisit la seconde, c'est à dire que nous embarquons pour deux heures de violence et de comportements malsains pendant lesquelles aucun répit ne nous est laissé car pas une seule scène n'y échappe. Nous avons droit à un deuxième épisode d'images de joie, pop, colorées, acidulées, qui fait écho à celui de Noël, mais comme nous sommes dans le réel, il s'agit de la joie fausse, artificielle et toxique provoquée par la prise de substances illicites. Une illusion qui n'a pour but véritable que de fournir de
nouvelles victimes aux pervers.
Dans un des ses précédents films de Nakashima, Confessions, nous avons vu à quel point les relations parents-enfants étaient perturbées parce que les adultes ne tenaient plus leur rôle. Ici, le sujet reste le même mais, alors que Confessions étaient traité de manière classique avec une approche psychologique fouillée, ici il ne reste que les actes bruts. Le mal n'a plus besoin de causes, d'excuses ou d'explication pour exister. Il est et se suffit à lui même. Le monde de Kanako c'est un monde de prédateurs occupés à piéger leurs victimes. On y remarque même une vraie jouissance à dégrader l'innocence, la pureté et la beauté. Il n'y a plus ni parents ni enfants. Tous sont corrompus. Plus aucun sentiment n'est échangé, la violence et l'humiliation tiennent lieu de rapport sociaux et de moyen d'expression. La lecture favorite de Kanako est Alice au Pays des Merveilles. Elle se compare à Alice pendant sa chute dans le terrier de lapin. Dans ce film, c'est la société entière qui, à son image, est en chute libre et infinie.
Au point de vue de la réalisation, Nakashima n'a rien perdu de sa maestria, et si l'on juge un film par sa capacité à susciter la réflexion, on peut dire que c'est un bon film, pourtant je ne le conseillerais à personne. On se demande si le réalisateur, pareil à ses personnages dégénérés, prend plaisir à nous entraîner dans la fange ou s'il fait oeuvre de moraliste en nous infligeant un électrochoc destiné à susciter une prise de conscience.
Si vous souhaitez découvrir les œuvres de Nakashima, je vous conseillerais plutôt, pour un film divertissant et frais, d'opter pour Kamikaze Girls, et si vous préférez un drame, Memories of Matsuko .

17.4.20

"Man on High Heels", Jang Jin, 2015


Rien de tel qu'un rôle à contre-emploi pour mesurer le talent d'un acteur.
Avant de regarder ce film, je n'avais vu Cha Seung-won que dans des rôles pour lesquels il avait le physique de l'emploi : acteur à succès, jeune loup de la politique, policier... Autant de personnages pour lesquels lui suffisait de paraître pour être convaincant, enfin c'est du moins ce qui me semblait.
Dans Man on High Heels son rôle est double. En public, c'est un policier bagarreur et violent impliqué dans la lutte contre la mafia. En privé, il est attiré par les hommes et porte des vêtements féminins. C'est d'ailleurs dans le but de combattre ses penchants qu'il s'est fabriqué ce faux-self hyper viril.
Au moment où le film débute, il a rassemblé suffisamment d'argent pour assumer sa véritable identité. Il a décidé de démissionner et de partir se faire opérer à l'étranger. Il a commencé à recevoir des injections d'hormones. La date de l'intervention est fixée et, son billet d'avion en poche, il s'efforce de mener à son terme sa dernière enquête tout en préparant sa métamorphose. Entre deux poursuites, il prend conseil auprès de transsexuels qui l’aident pour ses vêtements, son maquillage et sa posture. On le découvre alors en femme. Il n'a pas essayé de paraître féminin, mais a axé son interprétation sur l'hésitation, la maladresse à entrer dans ce nouveau chapitre de son existence. Il est non seulement crédible, mais touchant. Il parvient même à paraître fragile alors qu'il passe l'essentiel de son temps à tabasser ses adversaires. 
Hélas, la mafia et son devoir finissent par le rattraper.
C’est un bon film. Original, comme le sont la plupart des films coréens car ils possèdent l'art de mélanger les registres. Ici, on a le thème de la transsexualité et du cheminement psychologique jusqu'à l'acceptation de sa différence, doublé d’une histoire cruelle et sanglante dans la bonne vieille tradition des films d'action asiatiques.

12.4.20

"Hanagatami", Nobuhiko Obayashi, 2017


La très belle affiche, qui rappelle le style de Suehiro Maruo (qui en est l'auteur ?), laisse pressentir que le film que nous nous apprêtons à visionner n'est pas commun, du moins c'est ce que j'ai pensé en la voyant et ce qui m'a incitée à le regarder. Une telle affiche ne pouvait mener qu'à l'extraordinaire et je n'ai pas été déçue.
Hanagatami , la "corbeille de fleurs", est adapté de l'œuvre éponyme de Kazuo Dan publiée en 1937. Le nom de l'auteur apparaît d’entrée dans le film, avec cette citation qui annonce comment il faut prendre l'histoire qui va suivre : “Vue depuis l'autre extrémité du télescope, une scène ordinaire devient de l'histoire ancienne. Non, ce n'est pas de la nostalgie ! C'est la douleur de tout ce qui est perdu."
Nous sommes au printemps 1941, Toshihiko, seize ans, qui vivait aux Pays-Bas avec ses parents est renvoyé au Japon, auprès de sa riche tante, dans la jolie et tranquille ville balnéaire de Karatsu, préfecture de Saga. Il s'inscrit au lycée où il se lie avec quelques camarades de classe. L'amitié, l'amour, le passage à l'âge adulte, tel est le quotidien de ces adolescents qui s'emploient à faire tenir une existence entière dans les quelques mois qui les séparent du moment où ils partiront faire le sacrifice de leur jeune vie.
J'imagine que les fleurs de la corbeille, ce sont eux, en leur printemps, en pleine floraison, et qui ne tarderont pas à disparaître. On ne peut s'empêcher de penser à ces vers de l'hymne des pilotes de la marine : "des fleurs dans le vent, tombées pour leur pays".
C’est un film très particulier. Les images et les scènes, souvent très stylisées, confèrent à l'histoire un aspect onirique, irréel, dont on imagine que c’est le genre d’impression que cette période troublée a pu laisser dans la mémoire des survivants, dont le réalisateur lui-même, qui était alors un enfant. Ce style visuel m'a rappelé certaines œuvres de Seijun Suzuki, avec leurs décors théâtraux et leurs couleurs saturées. La perfection des images ajoute au côté fantastique et fantasmé du souvenir.
L’arrangement musical, entre flûte classique et dissonances, participe, tout comme les parades militaires qui s'incrustent, de plus en plus fréquentes, en toile de fond jusqu'à s'imposer au premier plan, à rendre palpable la sorte de folie collective qui s’est emparée de cette société qui s’apprête à plonger dans un chaos préfiguré par le sang et la mort déjà omniprésents dans la vie des personnage.
Cette œuvre est une belle expérience qui mérite qu'on y revienne.

J'apprends hier, que de Nobuhiko Obayashi, rendu célèbre par son film culte, Hausu (1977) vient de nous quitter. Il était né le 9 janvier 1938 à Onomichi et s'est éteint le 10 avril 2020 à Setagaya. Hanagatami était le projet de sa vie. Il y travaillait déjà au moment de House mais le sujet n'avait pas été jugé suffisamment porteur à l'époque, car personne n'avait envie d'entendre parler de la guerre. Il a heureusement pu réaliser son rêve avant de partir. Quel beau testament! Qu'il repose en paix.

10.4.20

"Mori, The Artist’s Habitat" de Shuichi Okita, 2018

Ne faisant pas partie des personnes indispensables au fonctionnement du pays, le confinement me permet de renouer avec le bonheur des choses simples, comme prendre mon temps, apprécier l'instant qui passe, lire de bons livres, regarder de bons films et réfléchir sur la vie. C'est cette existence-là dont j'aimerais qu'elle soit la règle et non l'exception.
En fana de cinéma asiatique, j'ai cherché des œuvres qui entrent en résonnance avec ce retour sur soi et la vie quelque peu érémitique qui nous est imposée. Sans surprise, j'ai trouvé cela au Japon, car si la vie moderne a fait perdre en partie aux Japonais leur philosophie d'inspiration animiste et zen, ils ont encore de beaux restes et sont toujours les maître du genre.
Mori, The Artist’s Habitat (Mori no Hiru no Basho), 2018, de Shuichi Okita, est un film qui raconte, ou plutôt montre, car il n’y a pas véritablement d’intrigue, la vie retirée d’un vieil artiste, Mori, qui habite une maison traditionnelle devant laquelle s'étend un jardin, fouillis, végétal, anarchique et labyrinthique que tous les matins il se prépare à aller explorer comme l'on partirait pour une expédition dans la jungle. Du jardin traditionnel, l'endroit possède le parcours sinueux, le petit bassin à poissons rouge et les multiples points de vue où l'artiste s'arrête longuement pour observer insectes, animaux, minéraux et tout ce que la nature offre à sa perception. C'est ainsi qu'il passe ses jours, perdu dans la contemplation des fourmis, d'une pierre, à la manière des artistes d'Orient dont l'observation, l'imprégnation du sujet est une part essentielle du travail. La nuit, il s'enferme dans le secret de son atelier pour accomplir des besognes mystérieuses, comme peindre ou réparer de vieux objets. Retiré du monde, avec pour seul horizon son jardin, c'est le mode de vie qu'il a choisi il y a plus de trente ans. Une vie retirée, mais pas solitaire pour autant car son épouse et sa nièce veillent sur lui et gèrent le quotidien. Elles s'occupent des visiteurs et lui transmettent leur requêtes, car l'artiste est célèbre et donc sollicité.
La tension est apportée dans l’histoire pas la construction d’un immeuble qui une fois édifié privera le jardin de soleil. Des militants combattent sa construction et l'entourage de l'artiste s'inquiète pour le vieil homme car c'est là tout son univers. Pourtant, il s'adapte sans sourciller. En vieux sage, il a sans nul doute intégré le principe de l'impermanence des choses.
A la fin du film, l’immeuble est construit. De sa terrasse, on a une vue plongeante sur la propriété où la vie continue, inchangée. Ce jardin qui nous paraissait immense, semble alors minuscule, enclavé au milieu du chaos des pavillons de banlieue, ultime refuge d’une nature que l'on respecte encore. 
Peut-être pouvons nous en tirer la morale de l’histoire ; la moindre parcelle de végétation préservée, si petite soit-elle, est un monde en soi, et d’une richesse infinie, dans lequel chaque individu, si minuscule soit-il, a son rôle à tenir. Ce film est un hymne à la nature, à la vie simple, à la contemplation et à ceux qui savent regarder le monde.

18.8.19

Les films célestes sur YouTube


Celestial Pictures, le label de la Shaw Brothers, a ouvert une chaîne YouTube.
Une centaine de films sont disponibles gratuitement. 
Ils recouvrent un peu tous les genres, depuis les arts martiaux jusqu'aux films musicaux en passant par le thriller, la comédie ou le film d'horreur.



15.8.19

I, Grand Galactique : to...


Désireuse d'élargir mon horizon et mes perspectives à des paysages plus exotiques et moins prévisibles que ceux qui composent notre minuscule planète, en juin de cette année je suis devenue Grand Galactique, adoubée par d'illustres conquérants d'univers littéraires et scientifiques officiant auprès de l'Université d'Artois au sein d'un MOOC Science Fiction intitulé Explorer le futur au présent.
Ce MOOC aura une troisième et dernière édition en mai 2020. Si vous aimez la SF, ne la manquez sous aucun prétexte. C'est une belle expérience, à la fois ludique et très sérieuse. 
Et puis, on n'a jamais trop de diplômes et de titres, et j'avoue que celui de Grand Galactique est, de tous ceux que j'ai obtenus au cours de ma vie, mon préféré. Il en jette tellement sur un CV que je l'ai mis en tête. "Grand Galactique, rédactrice, exploratrice d'univers artistiques et littéraires". Si avec cela je ne trouve pas la mission de mes rêves, c'est à désespérer des Terriens et une raison de plus de m'en aller exotomaniser tous ces mondes lointains peuplés de mutants intergalactiques seuls capables d'apprécier mon génie à sa juste démesure.
Ah, et si je vous ai raconté tout cela, c'était afin de préciser que le précédent texte sur Jabberwocky de Masato Hisa a été rédigé dans le cade de cette formation.

11.8.19

"Jabberwocky" de Masato Hisa – un manga steampunk ?


Jabberwocky est un manga en sept volumes sorti au Japon en 2008 et publié en France entre 2014 et 2016 chez Glénat. Il raconte, sur fond d’ère victorienne, les aventures de Lily Apricot, une espionne britannique portée sur la bouteille, et de Sabata Van Cleef, son acolyte.
L’histoire est soutenue par un graphisme recherché : violents contrastes de noir et blanc, dessin stylisé, anguleux, parfois aux limites de l’abstraction. L’auteur revendique les influences de Gôseki Kojima, le dessinateur de Lone Wolf and Cub, et de Frank Miller également inspiré par Kojima. Au point de vue graphique, nous sommes donc, entre polar noir et codes manga, en présence d’une œuvre originale et typée.
Sabata, comme de nombreux autres personnages du manga, est un dinosaure, car l’intrigue repose sur l’idée qu’ils n’ont pas disparu, mais vivent cachés afin de ne pas subir le sort du Jabberwock de Lewis Carroll, d’où le titre. Leur présence inscrit l’œuvre dans la lignée populaire du récit de fiction préhistorique, et plus précisément dans celle de la trilogie West of Eden (1984-88) de Harry Harrison, qui est l’un des rares auteurs à avoir exploité l’idée de la survie de ces animaux et de leur évolution jusqu’à un stade d’intelligence supérieure, mais, si le dinosaure appartient bien au domaine de la SF, est-il soluble dans le steampunk ?
Pour répondre à cette question j’ai appuyé mon analyse sur la thèse de Mike Perschon The Steampunk Aesthetic : Technofantasies of the Neo-Victorian Retrofuture (2012). Ayant constaté que personne ne s’accorde sur sa définition et que toutes les propositions avancées laissent une partie des œuvres de côté, il suggère, même si le steampunk apparaît comme un sous-genre de la science-fiction, de le voir comme une esthétique appliquée à d’autres genres ou sous-genres. Par esthétique, il entend un ensemble de motifs et de thèmes récurrents. Il privilégie ainsi l’approche descriptive qui permet de prendre en compte une production hétérogène.
Après examen d’un corpus important d’œuvres littéraires, il parvient à la conclusion que toutes présentent trois caractéristiques fondamentales et qui sont celles à retenir pour classer une œuvre dans le sous-genre steampunk : le néo-victorianisme, la technofantasy et le rétrofuturisme. Il dégage également d’autres traits spécifiques, tels que le pastiche et les notions de bricolage, de détournement, c’est-à-dire l’appropriation et l’assemblage d’éléments de provenances diverses pour leur donner un sens différent, voire opposé, à celui qu’ils avaient à l’origine.
Le néo-victorianisme est, selon lui une appropriation esthétique et culturelle du XIXe siècle au sens large et qui ne reste pas confinée à l’Angleterre. Jabberwocky répond à tous les critères : le récit s’inscrit dans le contexte victorien et fonctionne sur la base de la récupération et du détournement d’événements historiques, de personnages réels ou fictifs, d’œuvres et même de mythes ou de découvertes scientifiques. À travers ce manga dont l’action se déroule à la fin du XIXe siècle, Masato Hisa revisite des événements historiques en les truffant de dinosaures, élaborant ainsi une histoire alternative. Il récupère et met en scène de nombreux personnages réels (le Tsar de Russie, Schliemann, Ryoma Sakamoto, l’impératrice Cixi, le président des États-Unis, Buffalo Bill, Mao…) ou fictifs (Basil Hallward, le peintre du Portrait de Dorian Gray, le Comte de Monte Cristo, la baleine Moby Dick). Les références et les allusions culturelles sont multiples et variées. Empruntées à des sources éclectiques, elles se glissent partout, dans le texte comme dans les dessins. Certaines sont érudites, sérieuses, d’autres humoristiques, comme cette observation, lorsqu’il est question d’envoyer une fusée sur une comète : "Nous ne sommes pas dans un roman de Jules Verne".
Concernant la technofantasy et le rétrofuturisme, concepts qui se recoupent en partie, la technologie d’avant-garde de l’époque est omniprésente dans le manga. On y voit circuler à peu près tous les moyens de transport que l’on imagine lorsque l’on pense steampunk : sous-marins, dirigeables, trains, véhicule amphibie. Les structures industrielles, laboratoires, réseaux de tuyaux, s’exposent en toile de fond des aventures de nos espions. Ils côtoient les figures emblématiques de la science-fiction que sont Tesla et Edison. À la fin, une invention fait son apparition, l’automobile, dont tout le monde prédit qu’elle n’aura aucun succès mais à laquelle s’intéresse un certain Ford.
Ainsi Jabberwocky possède tous les marqueurs définis par Perschon. En appliquant au manga sa grille de lecture on pourrait le définir comme l’esthétique steampunk appliquée à une uchronie dont le point de divergence se situe il y soixante-cinq millions d’années. Quant au style graphique si particulier, il convient parfaitement à cet univers décalé, bourré d’action et d’écailles, et observé à travers des goggles déformantes.

10.4.19

L'Hanami des amis


Pas grand chose à admirer cette année. Nous sommes entré d'emblée dans le concept de l'impermanence des choses.

30.12.18

100 de Cinéma japonais


100 de Cinéma japonais
Ouvrage collectif.
Éditions de la Martinière, en partenariat avec la Japan Foundation.
24×28,5 cm – 272 pages, 2018

L'ouvrage de référence qui accompagne la rétrospective organisée dans le cadre du grand événement culturel Japonisme 2018.

Il ne s'agit pas véritablement d'une histoire du cinéma japonais. Ce livre contient les fiches des films projetés lors de cet événement et seulement de brefs résumés du contexte historique. 
C'est plutôt un super programme destiné à accompagner le cinéphile dans sa découverte des œuvres. Cela n'en reste pas moins très intéressant, aussi bien pour le novice désireux d'explorer ces régions encore inconnues que pour le passionné qui, comme moi, a déjà bon nombre de films nippons au compteur. Outre que les notices fourmillent de réflexions et d'informations intéressantes, parcourir ce livre permet de découvrir ou redécouvrir les films, d'avoir envie de voir ou de revoir. Et un livre sur le cinéma qui donne envie d'aller voir les films est forcément un bon livre.