10.10.17

"Assault girls", Mamoru Oshii, 2009

 
Assault Girls (Asarutu Gâruzu), tout comme Tachiguichi Retsuden fait partie des œuvres dans lesquelles Mamoru Oshii, (surtout connu et célébré pour l’anime Ghost in the Shell) pulvérise les genres et les limites, et qui, pour cette raison, peinent à rencontrer leur public.
 
Le scénario est minimaliste : nous sommes en immersion dans un jeu vidéo en ligne baptisé Avalon (f). Nous débarquons donc dans un désert au beau milieu d’une partie et découvrons quatre joueurs, trois femmes et un homme, qui affrontent de gigantesques créatures mutantes. Comme ils doivent absolument détruire ces monstres pour passer au niveau supérieur, et qu’ils ne peuvent y arriver seuls, ils se voient obligés de s’allier pour organiser un raid.
 
Les codes qui s’appliquent tout au long du films sont ceux du jeu et non ceux du cinéma. Visuellement, tout est fait pour que l’on se croie dans un décor virtuel. C’est à la fois minimaliste (le désert) et beau. Les images sont stylisées, les couleurs un peu passées, et l’on a droit à de nombreux gros plans et raccourcis. Le temps est celui du jeu, c’est à dire que, tout comme dans une partie de jeu en ligne, il y a de longs moments d’exploration pendant lesquels il ne se passe absolument rien. Les dialogues concernent uniquement la partie, et le peu que l’on apprend des personnages, on le découvre soit à travers les invectives qu’ils s’envoient, la manière dont ils jouent et les identités qu’ils se sont créées. De leur vies réelle, on ne voit rien. On nous a seulement dit que leur monde est en ruine et que c’est la raison pour laquelle ils se réfugient dans cet univers factice. Avalon est devenu leur véritable lieu de vie. On en sait probablement davantage si l’on a vu le précédent file d’Oshii sur le même thème, Avalon (2001), mais Assault Girls se suffit à lui-même.
 
Le gros atout du jeu et du film, vous l'aurez deviné en regardant les photos, ce sont les trois actrices, très belles et sexy. Rinko Kikuchi est magnifique en Lucifer.
 
L’idée de nous plonger dans un jeu vidéo est extrêmement séduisante. Apparemment, c’est un concept auquel Mamoru Oshii tient beaucoup puisqu’il vient d'en sortir une nouvelle déclinaison, Sand whale and me (2017), une série TV en cinq épisodes.
 
 
En creusant un peu le sujet, j'ai trouvé cette thèse de doctorat de Martin Picard, Pour une esthétique du cinéma transludique - Figures du jeu vidéo et de l’animation dans le cinéma d’effets visuels du tournant du XXIe siècle dans laquelle l'auteur s'est intéressé à l'influence du jeu vidéo et de l'animation sur le cinéma et pris pour objets d'étude Matrix des Wachowski (1999-2003), Avalon et Kung-fu Hustle de Stephen Chow (2004). A la lumière de cette analyse, on se rend compte qu'avec Assault Girls Osshi ne fait que pousser un peu plus loin l'expérience de fusion entreprise avec Avalon, cette fois en se débarrassant presque complètement de l'aspect (du prétexte) narratif. C'est un film purement théorique d'où l'incompréhension presque générale qu'il a suscitée.

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